Anneau gastrique contre boulimie?

Anneau gastrique contre boulimie ? Elle y a cru. Elle s’en est fait poser un sans dire au chirurgien qu’elle était boulimique.

 Si elle l’avait dit, il n’aurait probablement pas accepté. Ça a marché, mais sans crises elle avait envie de mourir. Et puis elle a essayé les groupes…
L’histoire de cette femme, que nous appellerons “S”, est un récit poignant de lutte contre la boulimie et de renaissance. Elle a pris une décision radicale en se faisant poser un anneau gastrique sans divulguer son trouble alimentaire au chirurgien. Une décision risquée qui a engendré des conséquences inattendues. Dans cet extrait, nous allons plonger dans son parcours, de la douleur intérieure à la découverte salvatrice des groupes de soutien. Cette histoire met en lumière la puissance de la communauté dans la guérison de troubles mentaux.
• S : Moi je pense que, quand on est au fond du trou, et qu’on est boulimique, on s’imagine que personne d’autre, personne d’autre, ne peut connaître cette souffrance et peut nous comprendre. Et on ne voit pas comment un groupe peut nous comprendre. De toute façon, on va arriver dans un groupe de nanas qui sont : « Ouh, ouh, je ne suis pas si jolie », et on se dit que personne, personne, personne pourra nous comprendre. De toute façon, personne ne pourra nous guérir. J’ai attendu 50 ans pour revenir te voir, et là ça a été une seconde naissance. C’est vraiment le mot renaissance. Je suis née il y a 50 ans, et là, je suis re-née maintenant. Je suis enfin heureuse, et en fait, je suis venue te voir parce que c’était soit je mourais, soit je faisais quelque chose. Parce que je me suis fait poser un anneau gastrique en étant boulimique. Evidemment je ne l’ai dit à personne et certainement pas au chirurgien. Donc j’ai trouvé un chirurgien qui m’a posé à l’anneau gastrique.
• CH : Il faut dire que tu étais grosse, non ?
• S : Oui, enfin, j’ai trouvé un chirurgien qui m’a mis un anneau gastrique, alors que normalement j’étais pas suffisamment grosse. Je m’étais faite opérer d’une hernie discale etc. Il m’a dit : « Il faut reprendre 5 kg ». J’ai repris 10 kilos, il m’a posé mon anneau, et là j’ai vécu en étant boulimique, sans pouvoir faire de crise de boulimie. Et alors là, c’est épouvantable. C’est comme si deviez prendre un médicament pour survivre, et que vous n’avez plus ce médicament. Donc, il n’y a plus qu’une solution, c’est mourir de toute façon. C’était à me taper la tête contre les murs. C’était insupportable. C’était pas vivable. Et du coup, j’ai maigri, j’ai maigri, j’ai maigri, j’étais en dénutrition, j’étais juste en train de mourir. Et là, j’ai dit : « Il faut faire quelque chose ». Et c’est là où je suis tombée sur les groupes. Et donc, je suis venue aux groupes, mais complètement terrorisée. Mais pas forcément parce que c’est un groupe. J’étais terrorisée de toute façon, je serais allée à un rendez-vous, j’étais terrorisée. J’étais terrorisée par le monde extérieur en fait. Et au groupe, tu as dit quelque chose qui m’a vraiment rassurée, parce que quand je suis arrivée je me suis dit je ne pourrai jamais m’exprimer, je ne pourrai jamais faire une phrase avec un sujet, un verbe, un complément, c’est au-dessus de mes forces. Et tu as dit :  » De toute façon, même les filles, je dis les filles mais bon, même les personnes qui ne s’expriment pas, elles mettront plus de temps, mais elles guériront quand même. Et là je me suis dit : « Bah en fait j’ai juste à venir ». Et puis voilà, j’ai fini par m’exprimer, puis j’ai fini par aller mieux, et puis je ne sais pas pourquoi, un jour je n’étais plus boulimique. Et alors, il y a quelque chose de très drôle, c’est que chaque fois, mais depuis toujours, depuis que j’ai 15 ans, j’ai fais beaucoup de soirées etc. Et aucun homme, jamais, ne m’invite à danser, jamais. Et j’adore danser, et je ne comprends pas pourquoi, autour de moi, toutes les nanas on les invite à danser. Et un jour, je suis allée à une soirée où c’était prévu, si on mettait un petit nœud rouge ça voulait dire qu’on était, qu’on acceptait de danser un slow. Moi j’avais mis mon petit nœud rouge et personne ne m’invitait à danser. Et je me dis ça : « Personne ne m’invita jamais à danser ». Et je ne sais pas pourquoi, et bien maintenant, je vais en soirée, je te jure, il y a 25 mecs qui m’invitent à danser. Et je ne sais pas pourquoi.
L’histoire de S est un témoignage puissant de la résilience humaine et de la capacité à surmonter les défis les plus difficiles de la vie. Son choix de se faire poser un anneau gastrique, bien que motivé par le désespoir, a finalement ouvert la porte à une transformation profonde. Grâce aux groupes de soutien, S a trouvé un refuge où elle a pu partager ses luttes, ses peurs et ses espoirs. Cette renaissance qu’elle a vécue montre que, même lorsque l’on se sent au plus bas, il existe toujours un chemin vers la guérison et le bonheur. L’histoire de S nous rappelle également que l’acceptation de soi et la communauté peuvent être des éléments clés pour surmonter les obstacles et vivre une vie épanouissante.

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