fbpx

Causes de la boulimie

cause de la boulimie

 

cause de la boulimie
Causes de la boulimie : de la psychanalyse à la neurophysiologie


La boulimie ne se déclare souvent qu'à l'adolescence. Certains l’attribuent à des problèmes survenus dans l’enfance, mais toutes les personnes boulimiques n’ont pas eu une enfance malheureuse, due au divorce des parents, au décès d’un proche, une agression sexuelle… Il s’emblerait en fait que quelque chose s'est passé au tout début de la vie. Mais quoi ? La cause de la boulimie remonte-t-elle à la relation parent nourricier-enfant ou est- elle due à un dysfonctionnement des neuromédiateurs ?

 

cause de la boulimie
Causes de la boulimie : version psychanalytique

 

La psychanalyse a tendance à renvoyer à la relation parent nourricier-enfant qui n'apporterait pas au bébé suffisamment d'apaisement pour que celui-ci puisse  grandir tranquillement. Il peut être brillant intellectuellement, mais n'ayant pu acquérir suffisamment d’autonomie affective pour développer une saine relation à l'autre. Ce qui donnerait aux personnes boulimiques la capacité de réussir leur vie sociale tout en restant émotionnellement des bébés dont il faudrait s'occuper tout le temps pour qu'elles ne se sentent pas abandonnées du point de vue affectif. La cause de la boulimie serait-elle liée à une relation précoce aux parents peut-être trop chargée d’angoisse ?

Il se peut même que le cerveau du foetus, dans le ventre de sa mère, ait absorbé l’angoisse de celle-ci. Ce qui pourrait déjà à ce stade créer un trouble du développement affectant ultérieurement le fonctionnement des réseaux cérébraux. Pour corroborer cette thèse, une recherche au sein de l'Institut National de la Santé Mentale révèle qu'un grand nombre de personnes sujets à la boulimie ont aussi des périodes de dépression avec des comportements obsessionnels compulsifs du même type que ce qui s’observe dans le trouble obsessionnel compulsif (TOC, ou en anglais OCD). Or, pour certains scientifiques, l’association de la boulimie, de la dépression, et du trouble obsessionnel compulsif laisse entrevoir une cause commune qui serait un déséquilibre dans la production et/ou l'utilisation de la sérotonine. La cause de la boulimie serait-elle alors liée à un problème neurophysiologique?

 

cause de la boulimie
Causes de la boulimie du point de vue de la neuro-physiologie

 

L'insuffisance de production de certaines substances telle que la sérotonine dans le cerveau du bébé pourrait gêner ultérieurement le déroulement de certaines fonctions supérieures comme par exemple la gestion de l'impulsivité, l'aptitude à la concentration ou encore la tolérance à la frustration. Dans la mesure où il est prouvé aujourd'hui que la sérotonine joue un rôle important dans le contrôle des niveaux d'anxiété, son idysfonctionnement induit une difficulté dans le vécu émotionnel de l'enfant susceptible de bloquer le développement de sa vie affective.

Mais que l'on penche pour l'une ou/et l'autre de ces explications (la relation parent-bébé ou bien le manque de sérotonine), il en résulte dans l'un ou l'autre cas de toutes façons, pour l'enfant, une sensation d' "agonie" psychique, "je me sens mort... pas tout à fait vivant" (pour reprendre les mots de Boris Cyrulnik) équivalente au ressenti d'un enfant traumatisé.

Cette agonie psychique a des conséquences perturbantes sur la vie relationnelle affective. En effet, lorsqu'il est en souffrance, l'enfant n'aurait pas suffisamment d'attention, d'affection, de la part des autres. Par ailleurs, lui-même ne peut pas donner suffisamment d'attention à ceux qui l'entourent, ou alors, lorsqu'il en donne, c'est maladroit, pas de la bonne façon et pas au bon moment, souvent trop "collant" ou "plaintif". Agacé, stressé par lui, son entourage proche aura tendance à ne pas lui manifester suffisamment les témoignages d'affection dont il a besoin pour s'épanouir.

On voit bien comment au départ les dysfonctionnements d'un neuromédiateur (la sérotonine) peuvent provoquer de la souffrance mentale, laquelle, à son tour, peut entraîner des difficultés de communication précoces, un sentiment d'isolement, amenant l'enfant à se centrer sur lui-même et le rendant incapable en grandissant de prendre en compte le mental de l'autre.

Pour illustrer comment les difficultés du petit enfant peuvent poser problème dans la vie adulte, Je donnerai volontiers un exemple point à la ligne.
Il s'agit d'une jeune femme qui vient me voir pour la première fois. Elle est en demande d'une psychothérapie. Je lui explique qu'elle peut parler de tout ce qu'elle veut sauf de sa boulimie ni de ce qu'elle pense rationnellement être les causes de sa boulimie. Je lui demande donc expressément de me dire tout ce qui lui est important sans faire référence à son passé. Je lui propose de laisser venir tout ce qui lui vient spontanément même si elle trouve que ce qu'elle a à dire n'est pas intéressant ou inutile.

Je la préviens aussi, pour qu'elle ne soit pas trop étonnée, que je n'ai pas une attitude de psy traditionnelle, que j'interviens moi-même spontanément. Je lui propose de m'interrompre quand elle penses que je ne comprends pas bien ce qu'elle me dit et que notre rapport doit être davantage à un rapport d'égal à égal qu'un rapport de patient à un psy. Cette façon de procéder fait que l'entretien ne ressemble pas toujours à une consultation mais plutôt à une conversation ordinaire qui peut paraître superficielle ou sans intérêt.

En réalité, plus les échanges sont fluides et plus la personne va laisser échapper des petits bouts d'elle-même sans les censurer. Cette manière de faire a aussi l'avantage d'échapper au blocage et au silence qui se présentent lorsque le psychothérapeute a une attitude un peu trop neutre, voire même un peu trop bienveillante.

Trop de bienveillance chez le psy peut engendrer de la méfiance chez la personne qui vient le consulter. L'intérêt de cette façon de procéder, c'est d'observer comment la personne rentre en relation avec le thérapeute. Dans sa manière d'être avec moi Je trouverai des indices solides sur la façon dont elle rentre en contact avec l'autre d'une manière générale. Une consultation en psychothérapie permet d'observer le langage émotionnel de la personne qui consulte et la manière dont elle entre en contact avec les gens.

Il se trouve que cette personne se met alors à me parler pendant un long moment à toute vitesse, sans me regarder. Elle se décrit dans son discours comme quelqu'un qui est très soucieuse des autres au point de tout leur donner si c'est nécessaire et en même temps dans l'échange que nous avons, elle ne me prend pas en considération.

Bien sûr on peut concevoir qu'on est toujours un peu intimidé quand on va consulter un psy, qu'on a tendance à se sentir dans une position d'infériorité. Mais cela n'implique pas nécessairement qu'on ne le regarde pas en parlant. On peut être intimidé, se sentir en position inférieure et faire attention à l'autre malgré tout. Se comporte-t-elle de cette façon avec d'autres que moi ? Est-elle toujours totalement repliée sur elle-même ?

Peut-être pas exactement de la même façon, mais c'est probable. Je lui fais remarquer qu'en parlant elle ne me regarde pas. Je trouve utile de dire aux gens qui viennent me consulter ce que je remarque d’eux. Je leur dis même ce que je ressens et j'ai dû lui dire quelque chose comme : en face de vous, je me sens un peu seule parce que vous ne me prenez pas beaucoup en considération. En me parlant très vite sans me regarder, sans vérifier si j'ai l'air de comprendre son discours, si le « courant » passe entre nous ou pas. Et je lui fais remarquer qu'elle se comporte comme si je n'existais pas ou comme si j'étais interchangeable avec n'importe quelle autre personne.

Cette fois elle me regarde avec intérêt comme si je visais juste : « C'est vrai, reconnaît-elle, on me reproche d'être dans ma « bulle ».

Elle n'est donc pas seulement prisonnière de la nourriture mais elle est aussi dans une prison mentale se comportant avec les gens comme si elle était seule. Parfois elle est capable de jouer le jeu de la communication et cela ne se voit pas, mais au fond d'elle-même elle sait très bien qu'elle se sent en décalage avec les autres.

C'est très souvent, dans les groupes, que les gens s'adressent à quelqu’un sans le regarder. C'est très souvent aussi que je leur demande de redire ce qu'ils étaient en train de dire mais cette fois en regardant la personne à qui ils s'adressent. Cet exercice est très intéressant parce qu'il permet à la personne qui parle de se connecter à ses émotions en parlant. Et il permet également à la personne à qui elle s'adresse de la prendre en considération et de le lui dire. Un contact peut s'engager. Une vraie rencontre, comme dirait Charles Pépin, le philosophe qui a écrit un livre passionnant sur la rencontre. (dont le titre est justement "la rencontre")

En même temps, en parlant très vite, sans me regarder, elle me montre aussi qu'elle ne prend pas le soin d'entrer en contact avec moi. A-t-elle peur ? Me craint-elle ? L'autre, d'une manière générale, est-il dangereux ? Existe-t-il concrètement pour elle ou n'existe-t-il qu'au travers de l'idée qu'elle s'en fait ? Si je n'étais pas psy, je remarquerais sans doute toutes ces choses mais je ne dirais rien. En tant que psy, je trouve utile pour mes patients de les renseigner sur ce que j'observe d'eux.

Je lui parle donc, en prenant un ton aussi doux que possible pour qu'elle ne vive pas cette remarque avec trop de brutalité, de l'écart entre l'image qu'elle a d'elle et son comportement dans la réalité : elle se dit soucieuse des autres mais, dans le présent de la séance, elle n'est pas soucieuse de moi puisqu'elle ne me regarde pas et parle à toute vitesse, comme si elle se parlait à elle-même, sans vérifier si je comprends ce qu'elle me dit, si je suis bien synchro avec elle, si le "courant" passe entre elle et moi. Elle se comporte en quelque sorte comme si je n'existais pas.

En fait cette jeune femme est comme dans une prison mentale. Face aux gens, elle se comporte comme si elle était seule.
Bien sûr cela s'explique parce qu'elle se sent seule. Elle se sent moins bien que tout le monde. Elle se sent décalée parmi les autres, elle se sent effectivement vide à l'intérieur d'elle-même et à la sensation qu'elle ne peut rien apporter aux gens.

Mais heureusement on ne reste pas enfermé en soi-même toute sa vie, à condition qu'on ait un lieu d'expérimentation qui permettre de ressentir qui on est vraiment, de s'affirmer aussi, maladroitement dans un premier temps, mais avec douceur dans un second temps. Le groupe de parole peut être un lieu d'expérimentation qui permet de s'entraîner à être soi authentiquement tout en apprenant à être en contact avec les autres. Même quand on a beaucoup souffert dans l'enfance et qu'à cause de cela on est enfermé sur soi-même, on a peur des autres. Un groupe de parole permet de s'en sortir grâce à ce que Boris Cyrulnik a appelé la résilience. La résilience c'est ce qui se passe quand on peut enfin sortir de soi et rencontrer les autres. Selon Boris Cyrulnik la résilience est ce phénomène qui vous produit quand on rencontre quelqu'un qui vous prend totalement en considération, qui te regarde vraiment. Tout à coup vous ressentez comme un sentiment de dignité. Vous existez pour l'autre ce qui vous fera peu à peu exister aussi pour vous-même.

 

cause de la boulimie
La cause de la boulimie c’est l'incapacité de rencontrer de l'autre.

 

Quand quelqu'un vous donne l'occasion de vivre une vraie rencontre, pas nécessairement une rencontre amoureuse, n'importe quelle rencontre pourvu qu'il y ait un contact authentique et une connivence, quelles que soient les opinions de chacun, vous changez d'univers. Tout à coup vous êtes moins perdu. Il s'ensuit que l'angoisse diminue énormément au point de ne plus ressentir le besoin d'avoir une addiction pour vivre. Ce quelqu'un peut être n'importe qui. J'ai connu une jeune femme boulimique anorexique qui a rencontré un homme dont elle était très amoureuse mais avec qui il ne pouvait pas tout se permettre. Dès le début de la relation, il lui a mis des limites. « Tu ne peux pas me faire de reproche», « tu ne peux pas passer ton temps à me raconter tes malheurs en boucle», « avec toi je veux du light»… Avec cet homme, elle a été obligée de sortir d'elle-même, de lâcher ces disques rayés, et de passer à une relation non fusionnelle et très saine. Cette jeune femme n'a pas eu besoin de faire une psychothérapie parce que grâce à son mari elle a appris à communiquer dans le respect de chacun.

Mais quand on n'a pas la chance de rencontrer quelqu'un qui met des limites et quand on ne peut pas faire autrement que se replier sur soi-même avec ses disques rayés, une psychothérapie peut amener la personne à sortir de sa bulle pour apprendre à rencontrer l’autre. Par exemple pour cette jeune femme dont je viens de vous parler qui en consultation parlait trop vite et sans regarder son interlocuteur. En prenant conscience que son monologue fatiguait l'autre, en travaillant son rapport à l'autre grâce aux échanges entre les participants dans un groupe, elle peut découvrir le plaisir de la rencontre, d'une vraie rencontre authentique.

Elle a pu aussi se féliciter d'avoir eu ce courage là. C'est cela qui développera l'estime d'elle-même: savoir rencontrer l'autre dans la complicité et le respect, quelles que soient les différences de chacun. Avec le temps elle découvrira qu'elle n'est pas toute seule. Elle ouvrira les yeux pour mieux découvrir son environnement. Elle s'exercera à basculer dans un autre mode relationnel. Et petit à petit elle sortira de son isolement. Ce n'est qu'en apprenant à prendre sa place face à l'autre, tout en lui accordant sa place à lui aussi, qu'elle pourra vraiment se sentir exister enfin.

Boris Cyrulnik, qui est neuropsychiatre et psychanalyste, explique que lui-même revient de loin et que c'est par la rencontre qu'il s'en est sorti. Le philosophe Charles Pépin dit la même chose. On ne peut être soi-même que face à l'autre. Grâce aux rencontres importantes qu'on peut faire dans la vie, ou aux psychothérapies de groupe. Celles-ci permettent de se confronter à soi-même quand on se confronte à l'autre, tout devient différent. L'addiction disparaît tandis qu’un sentiment de paix intérieure, de liberté apparaît. La vie sociale et la vie affective alors deviennent douces. Et c'est cela qui fait disparaître la boulimie définitivement, tout simplement parce qu'on n'en a plus besoin, on n'a plus besoin de s'accrocher à quelqu'un ou à quelque chose.

Ce changement de posture par rapport à la vie fait qu'en général on n'a plus de carence en sérotonine. Le sentiment de solitude, agressivité et la dépression disparaissent.

Cela dit, quand on est hypersensible, on peut avoir parfois des émotions très fortes et se retrouver en manque de sérotonine. Les effets d'irritabilité et de fatigue peuvent revenir parfois dans ces moments-là. Sans que ça fasse autant de dégâts qu'avant. Il est toujours possible pendant ces périodes si besoin d'avoir recours à un médicament stimulant la sérotonine pour réguler l'humeur. Mais en général cela ne dure pas longtemps. Dans ces moments-là, on apprend à s'écouter, on lâche un peu prise avec les devoirs du quotidien, on se distrait en regardant une bonne série. c'est le moment de se faire une séance de méditation en pleine conscience si on sait le faire ou de faire une bonne sieste pour Se sentir ressourcé comme si rien ne s'était passé.

 
 
 
 

Mes publications

  • Les toxicos de la bouffe ed. Poche (Lien Fnac)

    Les toxicos de la bouffe la boulimie vecue et vaincue

    Depuis que je suis psy j’entends souvent dire: «mais moi je vais très bien, c’est la boulimie qui me gâche la vie.» Moi aussi j’ai pensé que je n’allais pas bien à cause de ma boulimie, de mon poids… J’ai essayé de la contrôler, toute seule puis avec des médecins. Mais ça n’a jamais marché longtemps et ça n’a en tout cas jamais arrêté mon obsession de la nourriture et de mon look. J’ai fini par comprendre que c’était moi le problème. A vingt ans j’entamai une psychanalyse qui m’a beaucoup aidée à comprendre et à déculpabiliser. Mais je continuai à me sentir encore mal avec moi-même et avec les autres. C’est la psychothérapie de groupe qui m’a enfin donné l’oxygène dont j’avais besoin. Grâce aux interactions avec les autres, aux jeux de rôle et autres mises en situation, en osant m’affirmer face aux autres, sans masque, ma boulimie a alors totalement disparu sans effort de volonté.

    Illustré par ma propre histoire où je raconte l’enfer de la boulimie « vue de l’intérieur », la limite et l’apport des diverses thérapies que j’ai entreprises, ce livre raconte aussi la manière dont mes patients, tout comme moi, ont vu l’obsession de la nourriture disparaître au fur et à mesure qu’ils réglent leur problème d’identité.

  • boulimie-anorexie-catherine-hervais

    Boulimie, anorexie - Guide de survie pour vous et vos proches

    Que dire à ses proches quand on ne peut pas s’empêcher d’engouffrer des tonnes de nourriture, quand le compte en banque se vide aussi vite que le réfrigérateur ? Comment leur expliquer qu’en plus d’être obsédé par la nourriture on se sent absent de sa propre vie et souvent très loin de leurs préoccupations ? Comment leur faire comprendre que l'effort de sortir (le soir ou le week-end) semble parfois insurmontable ? Que le moindre reproche, même non verbal peut mettre KO pour la journée ? Enfin comment les rassurer, leur dire qu’on va s’en sortir alors qu’on ne sait pas ce qu’on a, pourquoi c’est venu et comment ça s’en va ?

    Catherine Hervais, psychologue, spécialisée dans le traitement des personnes boulimiques depuis 30 ans a écrit ce guide de survie pour tous ceux dont la vie est bouleversée par la boulimie, que ce soit la personne concernée ou les proches. Elle explique d’où ça vient et aussi qu’on s’en sort à condition de prendre le problème pour ce qu’il est réellement : un trouble de la personnalité (peurs, angoisses, phobie sociale) dont le problème alimentaire n’est qu’un symptôme. A lire quand on est boulimique et à confier à ceux de ses proches qui veulent comprendre et apprendre non pas ce qu'il faut faire mais ce qu'il faut éviter de faire.

  • boulimie fr

    Contributions au site boulimie.fr

    La vocation du site boulimie.fr est de permettre la compréhension du problème "boulimie" sous un angle qui permet sa résolution. Comprendre ce dont on souffre est déjà la première étape de la guérison. Pour les personnes qui ne peuvent - ou ne souhaitent pas - entreprendre une thérapie, bouilmie.fr donne des principes de bases qui peuvent au moins les aider à améliorer leur quotidien en attendant une thérapie. Pour celles qui peuvent faire une thérapie, il décrit les différents types de thérapies existantes et indique celles qui sont le mieux adaptées au type de personnalité des personnes boulimiques.

Guide de survie pour vous et vos proches ed. Payot (Lien Fnac)

Ajouter un titre 13Que dire à ses proches quand on ne peut pas s’empêcher d’engouffrer des tonnes de nourriture, quand le compte en banque se vide aussi vite que le réfrigérateur ? Comment leur expliquer qu’en plus d’être obsédé par la nourriture on se sent absent de sa propre vie et souvent très loin de leurs préoccupations ? Comment leur faire comprendre que sortir (le soir ou le week-end) est parfois insurmontable ? Que le moindre reproche, même non verbal peut mettre KO pour la journée ? Enfin comment les rassurer, leur dire qu’on va s’en sortir alors qu’on ne sait pas ce qu’on a, pourquoi c’est venu et comment ça s’en va ?.
Catherine Hervais, psychologue, spécialisée dans le traitement des personnes boulimiques depuis 30 ans a écrit ce guide de survie pour tous ceux dont la vie est bouleversée par la boulimie, que ce soit la personne concernée ou les proches. Elle explique d’où ça vient et aussi qu’on s’en sort à condition de prendre le problème pour ce qu’il est réellement : un trouble de la personnalité (peurs, angoisses, phobie sociale) dont le problème alimentaire n’est qu’un symptôme. A lire quand on est boulimique et à confier à ceux de ses proches qui veulent comprendre et apprendre non pas ce qu'il faut faire mais ce qu'il faut éviter de faire.

Le film Boulimie & thérapie (Lien youtube)

unnamed 24

En 1996 je réalise un document filmé, à l'attention des personnes boulimiques et de leur entourage pour montrer qu'on peut s'en sortir.

Ce documentaire a pu voir le jour grâce aux témoignages d'une vingtaine de patientes dont certaines avaient, au moment du film, dépassé leur problème de boulimie depuis deux ou trois ans. Vomisseuses et non vomisseuses, maigres et rondes, chacune raconte à sa manière son enfer avec la boulimie ainsi que le chemin accompli pour ne plus être boulimique.

En les écoutant on découvre une approche thérapeutique qui ne prend pas en compte le trouble de la conduite alimentaire mais uniquement le trouble de la personnalité qui lui est sous-jacent.

"J’ai réalisé ce documentaire en 1995 pour que les gens sachent à quel point la boulimie est une souffrance qui cache des problèmes relationnels et identitaires"

 

Mes formations

Ma première leçon de thérapie
m’a été donnée par Ronald Laing

Ronald Laing avait une notoriété internationale due à son regard rebelle sur la psychiatrie traditionnelle. Selon lui le « fou » avait droit à la parole et il suffisait qu’on la lui donne avec une véritable écoute humaniste, de personne à personne et non de soignant à soigné, pour qu’il trouve ses repères, soit mieux dans sa peau, moins décalé avec les autres. Et comme il disait qu’il écoutait les gens avec sa propre part de folie, je me suis dit qu’il allait peut-être me comprendre et j’ai voulu le rencontrer.

Malgré mon master de psychologie, je ne pouvais pas envisager de me former à la psychanalyse, dans la mesure où celle-ci ne m’a pas permis de devenir un être humain viable pour moi-même ni pour mes proches. Cependant elle m’a beaucoup apporté: grâce à elle j’ai pu déculpabiliser, en découvrant que tout le monde a une face cachée, avec des désirs parfois inavouables, souvent transformables. Grâce à elle j’ai réalisé que je n’avais pas de désir du tout, que j’étais vide, attentive à ne pas me noyer, en survie. Par chance, mon côté décalé amusait mes amis, ce qui m’a permit de ne pas être totalement seule. Mais intérieurement je me sentais inhabitée, incapable de savoir ce que je ressentais. J’avais juste besoin qu’on me prenne par la main, qu’on me sauve de moi-même, qu’on me rende la vie agréable, qu’on m’aide à ne plus m’ennuyer, qu’on vive à ma place.

Je n’étais personne et je ne voyais que Ronald Laing pour me comprendre.

Mais c’était très difficile d’avoir Ronald Laing comme thérapeute. Il était très occupé en Angleterre à créer trois lieux d’accueils pour des patients considérés comme schizophrènes.

C’est en Suisse, à Zurich que je suis allée le rencontrer. Il animait pour des psychothérapeutes une formation d’une semaine sur son approche de la maladie mentale. Toute jeune diplômée, je me suis inscrite avec l’espoir que, lui, verrait de quoi je souffrais réellement. A un moment où il demande qui veut être sujet pour une démonstration devant le groupe, je lève la main. Il m’invite à formuler mon problème. Je lui réponds que je ne me sens pas femme et que, d’ailleurs, je ne me sens personne. Nous étions en fin d’après midi. Il proposa que nous remettions la démonstration au lendemain, dernier jour du stage.

Mais le lendemain, il en avait décidé autrement. Il voulait montrer au groupe des vidéos de son travail avec les schizophrènes et avait chargé l’organisateur du stage de me prévenir de ces changements de dernière minute et de me dire que lui et moi aurions une conversation en privé après le stage, pendant le retour à son hôtel. Comme c’était de la formation et non de la psychothérapie, j’étais supposée accepter. De plus, il était très séduisant. J’aurais bien aimé qu’il y ait un double sens à cette proposition, mais je me suis dit que le thérapeute avait infiniment plus d’importance pour moi que l’homme, aussi sexy soit-il.

Après le déjeuner il annonce donc au groupe que lui et moi nous nous sommes entendus pour nous voir après le stage, concernant le problème que j’avais soulevé la veille, et qu’il allait plutôt montrer des vidéos. Tout le matériel était installé.

Courageusement je rectifiais, en disant que nous ne nous ne nous étions pas « entendus » mais qu’il m’avais mise devant le fait accompli et que, étant en formation et non en thérapie, je ne pouvais qu’accepter, mais qu’en ce qui me concernait, j’avais très envie de faire ce travail dans le groupe avec lui.

La trentaine de personnes présentes réagit en chœur pour exprimer l’envie de le voir travailler avec moi « en live » plutôt que de regarder des vidéos.

Furieux, il fit signe aux organisateurs de débarrasser les tables, la télé, les cassettes vidéo, de mettre les chaises en cercle et nous fit signe de nous asseoir. Il s’assit lui même, en position fermée, jambes croisées, replié, un coude sur les genoux, le menton dans une main et le regard au sol. Comme un seul homme, tous les participants s’assirent eux aussi et tournèrent leurs yeux vers moi.

« Alors Catherine ! » me dit quelqu’un.

« Alors quoi ? » répondis-je. « Qu’est-ce que je peux faire avec un thérapeute qui est replié sur lui-même et qui ne veut manifestement pas travailler avec moi?»

Ronald Laing continuait à regarder le sol d’un air fermé. Quelqu’un dans l’assistance me dit, « vas-y » ! Une américaine renchérit : « Si tu ne prends pas ta chance, tu le regretteras !». Je me projetais dans l’avenir et me dis qu’elle avait raison. Etre avec un psychiatre qui comprenait les fous et qui disait utiliser sa propre part de folie pour les traiter, avoir la chance de travailler avec lui et ne pas la saisir, j’allais le regretter toute ma vie. Je pris ma chaise et m’avançai vers lui qui continuait à regarder par terre d’un air fermé. Me voyant approcher, il me fit un geste brusque pour que je ne vienne pas trop près. Je posai ma chaise à une distance qui sembla lui convenir puisqu’il ne broncha pas et je commençais.

Je ne sais plus ce que je dis exactement. Je sais seulement que j’étais plutôt douce et pas en demande. Je laissais les mots sortir spontanément en anglais (tout le monde parlait anglais) et c’était sans doute assez proche de: «Je suis française et je viens de Paris en voiture pour vous rencontrer. J’ai lu plusieurs de vos livres et ce que j’aime en vous c’est votre humanité. J’ai une petite chance que vous me compreniez parce que vous dites dans un de votre livre que vous travaillez avec votre propre part de folie. C’est la première fois que j’entends un psychiatre reconnaître qu’il a lui aussi une part de folie. Si je suis là c’est pour ça, je ne vois pas qui d’autre que vous peut me comprendre. Vous êtes replié sur vous-même, vous ne me regardez pas, je ne m’attendais pas à cela, mais je ne suis pas déçue parce qu’en faisant cela vous êtes authentique et cela répond totalement à mes attentes. Je suis contente d’avoir cette chance de travailler avec un thérapeute authentique, même si votre authenticité vous amène à ne pas vouloir me parler… ». Vers la fin de mon discours il a commencé à relever la tête et à me regarder gentiment. Il ne boudait plus. Nous avons eu une vraie communication. Il était très attentif. Je ne me souviens plus du contenu de cette conversation mais j’ai découvert qu’avec la douceur et la fermeté je pouvais obtenir un contact authentique alors qu’a-priori celui-ci était impossible.

Pour Ronald Laing, même le fou a le droit à la parole. Encore faut-il qu’il ait l’occasion de la prendre, qu’il soit en situation de le faire. Je me souviens que, dans certaines de ses vidéos, il offrait une cigarette à un patient schizophrène lors de la consultation ou il lui demandait s’il en avait une. Il instaurait une ambiance d’égal à égal. On ne sentait pas, en regardant la vidéo, qui était le docteur et qui était le « fou ». Il n’avait pas, comme les autres, un visage gentiment neutre pour regarder son patient et lui demander comment il va et ce qu’il ressent. Une véritable relation pouvait avoir lieu. Peut-être était-ce cela que Ronald Laing voulait nous transmettre: le thérapeute n’est pas seulement une fonction, un miroir. Il n’est pas là pour protéger son patient. Il propose un cadre relationnel, dans lequel le thérapeute est un être humain comme un autre en face duquel le patient va trouver un moyen d’exister.

Les psychothérapies de groupe

La psychothérapie de Carl Rogers. J’ai découvert la psychothérapie de groupe rogerienne grâce au professeur Michel Lobrot qui faisait des démonstrations à l’Université de Saint Denis et une formation pour les gens qui se destinaient à la psychologie. Dans cette approche, le thérapeute est à la fois neutre, très chaleureux, accompagnant et pas contrariant. Je me sentais écoutée et contrairement à ce qui passait en psychanalyse, je ne me sentais pas bloquée par mon vide intérieur. Je dois d’ailleurs reconnaître que je ne me sentais plus vide. Mais en même temps, dans cette forme d’écoute, je ne sentais pas de frontières. Il me fallait une thérapie qui ressemble à la vie, dans laquelle je puisse apprendre comment les gens me voient, pourquoi ils ne m’aiment pas, pourquoi je leur paraissais bizarre.

J'ai rarement vu un psy avoir une technique d’écoute aussi ouverte, une acceptation de l’autre aussi inconditionnelle. Mais je n’étais pas d'accord avec la non directivité comme règle absolue, pour des gens qui comme moi étaient totalement dépourvus de cadre.

L’analyse transactionnelle

J’ai découvert l’analyse transactionnelle dans cette même université où Isabelle Crespelle menait son cours avec un dynamisme qui forçait l’admiration. L’ami qui m’avait fait découvrir ces cours les adorait, bien qu’il sache à peine écrire.

QUI JE SUIS MES PUBLICATIONS
laing1

Mes rencontres

Dr. Ronald Laing
C'était les années 68. Avec Cooper, il avait créé l'anti-psychiatrie: même le fou a le droit à la parole et peut-être même que si on la lui donne il sera mieux dans sa peau...

laing2

... avec quelques années de plus. C'est dans cette période que je l'ai connu. Il était pour le dialogue d'égal à égal avec les malades mentaux.

 

 

lobrot

Michel Lobrot
Professeur émérite de l'Université Paris VIII. J'étais fascinée par son écoute neutre et chaleureuse quand même. Il laissait aller le patient jusqu'au bout du chemin qu'il prenait... et l'accompagnait chaleureusement.

roustang

François Roustang
Psychanaliste dissident, auteur de plusieurs ouvrages passionnants qui le font souvent être invité par les media. Avec lui on va droit au but ou on ne vient pas.


crespelle

Isabelle Crespelle
Très grande dame de l'analyse transactionnelle qui n'a pas la langue dans sa poche. Je l'ai eu en cours à la fac de Saint-Denis. L'analyse transactionnelle est une technique très puissante pour prendre conscience de ses scénari répétitifs.

liss

Dr. Jérôle Liss
Un psychiatre avec qui j'ai fait, puis co-animé des stages de bio-énergie en Suisse.

 

erskine

Richard Erskine
Très grand thérapeute qui vient de l'analyse transactionnelle avec qui j'ai vécu un grand moment de thérapie et qui a créé sa thérapie: la thérapie intégrative.

 

serge anne ginger

Anne et Serge Ginger
Fondateurs de l'Ecole Parisienne de Gestalt Thérapie et auteurs de nombreux ouvrages sur le gestalt thérapie. De très grands thérapeutes.

Il me disait qu’il comprenait plein de choses sur la communication, parce que le vocabulaire lui était accessible et qu’il apprenait beaucoup sur les relations humaines. Si je n’avais pas rencontré la gestalt un peu plus tard, je me serais sans doute formée à l’analyse transactionnelle.

J’allais avoir l’occasion un peu plus tard de faire un séminaire de formation avec une autre personnalité connue de l’analyse transactionnelle, Richard Erskine. Il n’y avait que des psys. Il nous faisait travailler un par un et chacun régressait à l’âge de la mise en place de ses blocages. Quand vint mon tour, c’était clairement l’âge du nourrisson.

La gestalt thérapie

Avec la gestalt thérapie je retrouvais les valeurs que j’avais connues avec Ronald Laing : authenticité et responsabilité, tant pour le patient que pour le thérapeute.

Je découvris également cette psychothérapie à l’université de Saint Denis lors d’un exercice. Ce jour-là j’allais très mal parce qu’un garçon m’avait laissée tomber sans un mot d’explication. A la fin de l’exercice de gestalt où j’avais joué un jeu de rôle dans lequel sur une chaise j’étais moi, désespérée, et sur l’autre chaise je disais ce que je pensais que ce garçon aurait répondu à mes questions, j’étais épuisée et en même temps totalement guérie de mon obsession amoureuse.

La puissance de cette technique me donna envie d’approfondir cette thérapie qui avait des outils aussi puissants que celui que j’avais exploré. J’ai eu envie de m’investir plus à fond dans cette approche dont Fritz Perls était le fondateur. Je découvrais que l’exigence d’authenticité et de responsabilisation faisait partie du cadre de cette thérapie. Le thérapeute n’était ni gentil, ni méchant, il était lui-même, ce qui m’a permis de découvrir à quoi je ressemblais, quel effet je produisais sur le thérapeute et sur les autres participants, mais aussi ce que je ressentais vraiment, dans l’ici et maintenant du groupe, en deçà de ma colère et de mon désespoir. J’ai senti que mes actes dans l’ici et maintenant du groupe déterminaient mon identité et que dans l’authenticité de l’action j’étais habitée.

Rien n’était donc perdu, je pouvais exister dans l’action lorsqu’elle reflétait mes besoins, mes ressentis ne serait-ce qu’en les exprimant. Je pouvais apprendre à écouter ceux des autres et découvrir en même temps grâce à eux des choses chez moi dont je n’avais pas conscience. Je trouvais enfin les ressources essentielles dont j’avais besoin pour découvrir comment je pouvais tenir debout les pieds bien sur terre et la tête dans les étoiles quand ça me chantait.

Je suis allée aussi me former aux Etats-Unis avec différents intervenants, dont certains avaient connus Fritz Perls. De retour à Paris, dans les moments les plus difficiles de ma vie, j’ai pu bénéficier de l’accompagnement de Anne et Serge Ginger, auteurs de plusieurs ouvrages dont « La Gestalt, une thérapie du contact » (ed. H&G), fondateurs de l’Ecole Parisienne de Gestalt thérapie, l’une des plus grande école de psychothérapie de France.

Finalement dans tous ces divers groupes, j'ai beaucoup appris et en même temps ils ont contribué à ma thérapie. Je jetais tous mes masques et apparaissais telle quelle, prenant tous les risques : blesser l'autre, déplaire, paraître sotte, agressive, ridicule, Certains ont fui et d'autres, à ma grande surprise, se sont approchés. Ces derniers m’ont offert, sans le savoir, une réparation narcissique dont j'avais tant besoin pour continuer ma route. Et en prime, je gagnais de l'estime pour ce côté de moi qui se battait si fort. Désormais, forte de ce que j’avais acquis, je savais ce que je voulais transmettre.

Hypnose ericksonnienne

La façon d’utiliser l’hypnose par Milton Erickson n’est pas celle que Freud a abandonnée. Elle ne sert pas à se remémorer le passé. Elle n'utilise pas non plus la suggestion pour agir directement sur les symptômes, comme c’était le cas jadis. C’est la raison pour laquelle j’ai accepté de m’y intéresser. Bien m’en a pris. La formation que dispensait alors Jean Godin à Paris apportait tant aux médecins qu’aux psychologues une nouvelle manière d’écouter et d’intervenir en psychothérapie et en médecine. Depuis, que j’ai fait cette formation, je suis très attentive aux indices minimaux produits par mes patients: je regarde la manière dont ils me parlent mais aussi la manière dont ils respirent, dont leur peau se colore ou leur regard se défocalise à certains moments. Autant d’indices parlants qui renseignent sur les processus qui les habitent.

Après Jean Godin, j’ai pu bénéficier des apports de François Roustang, un des plus brillants praticiens de la nouvelle hypnose, ancien psychanalyste lacanien, véritable réformateur de l’approche psychothérapeutique moderne. Auteur de plusieurs ouvrages dont Inflence, La fin de la plainte et  Il suffit d’un geste.


Qui est Catherine Hervais ?

Si je me retourne sur la route déjà parcourue, je peux dire que je suis passée de la peur de vivre à la sensation d'être enfin moi, à ma place, entourée des gens que j'aime et faisant le métier que j'ai toujours voulu faire. » (extrait de "Les Toxicos de la Bouffe" édition poche)

J'apaisais mon mal-être avec des boulimies et je vomissais pour ne pas grossir.

T

outes les personnes qui sont obsédées par la nourriture ne ressentent pas nécessairement un énorme mal-être existentiel. D'autres souffrent énormément. C’était mon cas.

J'ai eu la chance de pouvoir faire une psychanalyse à vingt ans.

Confrontée à mes échecs répétés concernant mon poids, mon avidité alimentaire, et mon mauvais caractère, ma mère avait accepté, sur ma demande, de me payer une séance par semaine chez un psychanalyste qui lui avait été recommandé par une de ses amies dont la fille ne « filait pas droit » elle non plus. J'allais dans son cabinet une fois par semaine et il me recevait une deuxième fois par semaine dans le centre médical où il travaillait. Ma mère n'aurait jamais payé plus d'une séance par semaine parce qu'elle ne croyait pas du tout que cette psychanalyse pourrait servir à quelque chose. D'ailleurs au bout d'un an, ne voyant pas de progrès, elle a arrêté de payer. Je continuais donc une fois par semaine dans le centre médical.

Avec la psychanalyse j'ai compris que c'était plus fort que moi: mon besoin de manger assouvissait symboliquement un besoin de ne pas lâcher le sein de ma mère et de rester petite enfant. Comprendre m'a permis de déculpabiliser mais ne m'a pas suffi pour arrêter les boulimies, ni pour avoir moins peur des gens, ni pour résoudre ce que l'on appelle aujourd'hui une « dépressivité constante ».

 

MES FORMATIONS PUBLICATIONS

En quelques mots...


Nom
: Catherine Hervais
Age : Vingt ans et quelque...
Universités : Nanterre, licence de philo.
Censier, master de psychologie clinique.
Saint Denis : licence de sciences de l'éducation
Titres : Psychologue clinicienne (ADELI : 759309966)
Psychothérapeute
Formations : Psychanalyse, Gestalthérapie, Hypnothérapie ericksonnienne
Publications: Les toxicos de la bouffe, Boulimie anorexie: guide de survie pour vous et vos proches, film documentaire Boulimie & Thérapie
Citation préférée : « Le bien-être, c'est l'immédiat, la perception : je mange bien, je me sens bien, je n'ai pas faim, je n'ai pas peur. Le bonheur, lui, n'existe que dans la représentation, c'est toujours le fruit d'une élaboration. On doit le travailler. »
Boris Cyrulnick

Je raconte mon histoire d’addict à la nourriture, mes thérapies et mes premières expériences de psy dans mon premier livre,  « Les Toxicos de la Bouffe » où je compare l’addiction alimentaire à une addiction sévère comme la toxicomanie. (éd. Payot Poches).


Contact & renseignements

Lundi au samedi 13:00 à 21 heures
Secrétariat, tel: 01 70 58 38 37 
Catherine Hervais (SMS seulement) : +33 (0)6 68 66 19 11

50 rue Rambuteau, 75003, Paris

ME SUIVRE SUR FACEBOOK
(Que vous ayez facebook ou pas, vous pouvez suivre mon travail sur ma page publique facebook où je poste régulièrement des vidéos et des articles.)

ME SUIVRE SUR YOUTUBE

ME SUIVRE SUR Instagram