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	<title>On s&rsquo;en sort &#8211; Centre Catherine Hervais</title>
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	<description>Psychothérapie intensive pour boulimie/anorexie</description>
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	<title>On s&rsquo;en sort &#8211; Centre Catherine Hervais</title>
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		<title>Elle n’est plus boulimique depuis 4 ans</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Hervais]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Oct 2023 21:53:57 +0000</pubDate>
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<h2>L&rsquo;Hyperphagie : Une boulimie non vomitive ?</h2>
<p>Certaines personnes mangent trop et tout le temps sans se faire vomir et se demandent si elles sont boulimiques. Mais hyperphagiques ou boulimiques, quelle importance si on ne vit que pour manger et que l&rsquo;on ne parvient pas à se concentrer sur autre chose que la nourriture. Il s&rsquo;agit bien aussi d&rsquo;une addiction dans ce cas. Une addiction qui se vit différemment mais qui emprisonne dans un cercle vicieux qui peut parfois pousser certains à envisager le suicide.</p>
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<div class="video video-fit mb" style="padding-top:56.25%;"><p><iframe title="Elle a terminé ses groupes depuis 4 ans. Elle témoigne." width="1020" height="574" src="https://www.youtube.com/embed/Bf-7RXYsIKw?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></p>
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<p>La boulimie non vomitive est parfois plus dure à vivre que la boulimie vomitive bien qu’elle soit généralement moins prise au sérieux par l’entourage et le monde médical tant qu’elle ne tourne pas à l’obésité. Pourtant, chez les personnes qui en souffrent, la souffrance en réalité est double : à la souffrance mentale s’ajoute une souffrance physique difficilement supportable.</p>
<h2>Comprendre l&rsquo;hyperphagie</h2>
<p>L&rsquo;hyperphagie ou boulimie non vomitive, est un trouble de l&rsquo;alimentation caractérisé par des épisodes de surconsommation alimentaire incontrôlable, accompagnés d&rsquo;un sentiment de culpabilité et de honte. Contrairement à la boulimie vomitive, où les personnes se font vomir après avoir trop mangé, les personnes atteintes d&rsquo;hyperphagie ne recourent pas à ces méthodes purgatives.</p>
<h2>Les effets dévastateurs de l&rsquo;hyperphagie</h2>
<p>La boulimie non vomitive peut être extrêmement difficile à vivre, même si elle est moins visible que la boulimie vomitive. Les personnes qui en souffrent se livrent souvent à des excès alimentaires en secret, ce qui peut entraîner une prise de poids significative et des problèmes de santé tels que l&rsquo;obésité, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.</p>
<p>Sur le plan mental, l&rsquo;hyperphagie peut avoir des conséquences dévastatrices sur l&rsquo;estime de soi, la confiance en soi et la santé mentale en général. Les sentiments de honte et de culpabilité qui accompagnent ces épisodes alimentaires peuvent entraîner des cycles de dépression et d&rsquo;anxiété, aggravant ainsi la souffrance des personnes touchées.</p>
<h2>Les causes de l&rsquo;hyperphagie</h2>
<p>L&rsquo;hyperphagie peut avoir des origines multiples et complexes. Les facteurs génétiques, environnementaux et psychologiques peuvent tous contribuer au développement de ce trouble de l&rsquo;alimentation. Certaines personnes sont plus prédisposées à l&rsquo;hyperphagie en raison de leur génétique, tandis que d&rsquo;autres peuvent développer ce trouble en réaction au stress, à la pression sociale ou à des traumatismes passés.</p>
<h3>L&rsquo;Identité et l&rsquo;entraînement à la relations authentique face aux autres : Clés de la Guérison</h3>
<p>Cependant, il y a de l&rsquo;espoir pour ceux qui souffrent d&rsquo;hyperphagie. Comme l&rsquo;explique cette jeune femme dans une vidéo témoignage, il est possible de s&rsquo;en sortir définitivement. La clé de la guérison réside souvent dans la résolution des problèmes d&rsquo;identité et relationnels. Les psychothérapies, notamment la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), peuvent être particulièrement efficaces pour aider les personnes atteintes d&rsquo;hyperphagie à comprendre et à gérer leurs émotions, à développer des mécanismes d&rsquo;adaptation plus sains et à améliorer leur estime de soi.</p>
<p>Dans le cadre de la thérapie, les individus peuvent également apprendre à identifier les déclencheurs de leurs épisodes d&rsquo;hyperphagie et à développer des stratégies pour les gérer de manière plus constructive. En outre, le soutien d&rsquo;un groupe de pairs peut jouer un rôle essentiel dans le processus de guérison, en offrant un espace sécurisé pour partager les expériences et les défis liés à l&rsquo;hyperphagie.</p>
<h2>Elle à cru qu’elle allait mourir</h2>
<p>Voici le texte de son témoignage :</p>
<p>« C’est difficile de parler de comment on était avant. Moi j’avais pris 20 kilos en un mois. Et j’ai fait tellement de crise que j’avais même mal à la peau tellement j’avais grossi vite. J’avais l’impression que j’allais mourir même physiquement à cause des crise et en arrivant au groupe j’attendais plus grand-chose de rien. Et en fait petit à petit sans même que je fasse d’efforts sans même que je prenne la parole j’ai commencé à diminuer les crises et avoir moins de souffrance même physique et psychique. On n’a même pas besoin de faire d’efforts, même en venant ça peut ça peut partir tout de suite. une fois on avait donné un exemple pendant les groupes tu avais dit il y avait une fille qui avait pas réussi à se faire vomir après une crise et qui avait sauté par la fenêtre et quand on l’avait récupéré en bas elle avait dit faites-moi vomir faites-moi vomir elle parlait même pas de ce qu’elle avait et en fait la souffrance psychique est tellement insoutenable que parfois on peut avoir envie de mourir mais, je sais pas comment dire, mais on s’en sort.</p>
<p>— La thérapeute : ça fait plusieurs années tu n’es plus en thérapie de groupe ?— La jeune femme : Ça fait peut-être quatre, cinq ans que j’ai arrêté.<br />— La thérapeute : Donc on part avec 4 on recul …<br />— La jeune femme : Je ne sais même pas quand est la dernière fois que j’ai fait une crise de boulimie. Je ne m’en rappelle même plus. »</p>
<p>L&rsquo;hyperphagie est parfois une addiction aussi sévère que la boulimie, voire plus dure à vivre encore. Cependant, il est important de reconnaître que la souffrance associée à ce trouble de l&rsquo;alimentation est bien réelle, même si elle est moins visible. Heureusement, il existe des moyens efficaces de traiter l&rsquo;hyperphagie et de retrouver une vie équilibrée.</p>
<p>La résolution des problèmes d&rsquo;identité et de relation est une étape cruciale vers la guérison. La psychothérapie, en particulier la TCC, peut apporter un soutien essentiel pour aider les personnes atteintes d&rsquo;hyperphagie à reprendre le contrôle de leur alimentation et de leur vie. De plus, le partage d&rsquo;expériences au sein d&rsquo;un groupe de soutien peut renforcer la motivation et offrir un sentiment d&rsquo;appartenance précieux.</p>
<p>Il est essentiel de sensibiliser davantage sur l&rsquo;hyperphagie et de briser les stéréotypes qui l&rsquo;entourent. La compassion, la compréhension et le soutien de la part de la famille, des amis et du monde médical sont cruciaux pour aider les personnes touchées à surmonter ce trouble et à trouver la lumière au bout du tunnel.</p>
<p>En fin de compte, l&rsquo;hyperphagie peut être une addiction tout aussi dévastatrice que la boulimie, voire plus difficile à vivre. Cependant, il est important de reconnaître que la souffrance qu&rsquo;elle engendre est bien réelle, même si elle reste souvent méconnue et minimisée. Cependant, il est important de reconnaître que la souffrance qu&rsquo;elle engendre est bien réelle, même si elle reste souvent méconnue et minimisée.</p>
<p>Heureusement, comme en témoigne l&rsquo;expérience de cette jeune femme dans sa vidéo de témoignage, il est possible de surmonter l&rsquo;hyperphagie. La clé de la guérison réside souvent dans la résolution des problèmes d&rsquo;identité et des difficultés relationnelles. La psychothérapie, notamment la thérapie cognitivo-comportementale, peut jouer un rôle majeur dans ce processus, en aidant les individus à comprendre et à gérer leurs émotions, à développer des mécanismes d&rsquo;adaptation plus sains et à renforcer leur estime de soi.</p>
<p>Dans le cadre de la thérapie, les personnes atteintes d&rsquo;hyperphagie peuvent également apprendre à identifier les déclencheurs de leurs épisodes de surconsommation alimentaire et à élaborer des stratégies pour les surmonter de manière constructive. De plus, le soutien d&rsquo;un groupe de pairs peut être extrêmement bénéfique, en fournissant un espace sûr pour partager des expériences et des défis liés à l&rsquo;hyperphagie.</p>
<p>Il est essentiel de sensibiliser davantage sur l&rsquo;hyperphagie et de reconnaître qu&rsquo;elle peut être aussi grave que d&rsquo;autres troubles de l&rsquo;alimentation. La compréhension, la compassion et le soutien de la part de la famille, des amis et du personnel médical sont cruciaux pour aider les personnes touchées à trouver le chemin de la guérison et à reprendre le contrôle de leur vie. Il est possible de sortir de l&rsquo;ombre de l&rsquo;hyperphagie et de vivre une vie épanouissante.</p>
<p>La boulimie non vomitive n’était jusqu’à présent pas prise au sérieux quand les personnes n’étaient pas obèses. D’ailleurs les personnes boulimiques non vomitives elles-mêmes se demandent s’il est légitime pour elles de consulter un psy dans la mesure où elles ne se font pas vomir. Comme si tout n’était pas si grave lorsque l’on ne se fait pas vomir.</p>
<p>Pourtant, la détresse psychologique équivalente, voire plus grande pour ceux qui ont une boulimie non vomitive. L’obsession permanente de la nourriture est insoutenable. Et, en plus de l’obsession permanente de la nourriture, il y a aussi les efforts surhumains nécessaires pour perdre tous les kilos amassés parfois en très peu de temps. Certaines personnes vont jusqu’à prendre 30 kilos en un mois. Dans le reportage « Boulimie et Thérapie » (que vous pouvez trouver parmi les vidéos de ce site), une jeune femme expliquait que, régulièrement, elle prenait trente kilos et les reperdait peu de temps après. Mais non sans une immense souffrance et beaucoup de honte quand elle était au maximum de son poids.</p>
<p>En dehors de la souffrance mentale qui peut parfois conduire au suicide, la souffrance physique d’avoir beaucoup trop mangé n’est pas négligeable non plus. Certaines personnes me disent qu’elles sentent leur ventre au bord de l’explosion après manger. La jeune femme du documentaire explique que parfois elle devait se mettre à genoux devant son lit, le ventre contre le matelas pour diminuer les douleurs, incapable de se coucher, ni même de s’asseoir.</p>
<p>Je me souviens également d’une jeune fille qui venait de faire une grosse boulimie dans sa chambre et qui cette fois-là, n’a pas réussi à se faire vomir. Elle ne voulait pas que ses parents sachent qu’elle avait fait une boulimie. Quand ils ont frappé à sa porte, elle n’a pas voulu ouvrir. Elle était toute jeune et elle avait peur que son père la frappe. À travers la porte elle disait à son père « tu vas me taper ! tu vas me taper ! ». Son père finit par forcer la porte. Alors, dans l’affolement, elle a ouvert la fenêtre et elle a sauté du troisième étage. Ses parents sont descendus en courant. Elle était allongée sur le dos et ne bougeait pas. Sa mère pleurait en disant : « elle est morte elle est morte !». Mais elle n’était pas morte. Elle était allongée sur son dos sans pouvoir se relever à cause d’une ou deux côtes fêlées. Elle regarda ses parents et demanda en suppliant, comme si c’était la seule chose qui comptait : « s’il vous plaît faites-moi vomir faites-moi vomir ».</p>
<p>Il arrive aussi que des jeunes femmes feignent une tentative de suicide aux médicaments pour avoir un lavage d’estomac à l’hôpital. Je me souviens d’une jeune femme qui était boulimique non vomitive et qui, un jour, a eu un très grave accident de moto. Elle est restée à l’hôpital pendant très longtemps sous perfusion sans pouvoir ne manger ni même boire ou bouger. Lorsqu’elle est venue me voir en consultation, elle m’a fait une confidence qui m’a interloquée. Malgré l’une de ses jambes raccourcies par l’accident, malgré son visage marqué par une cicatrice et surtout malgré le fait qu’elle ait également perdu un œil dans cet accident, elle était très heureuse d’avoir enfin une silhouette mince. Elle me confia que la période après hôpital, malgré toutes les séquelles de son accident était la plus belle période de sa vie.<br />En lisant ces lignes vous allez peut-être penser qu’elle était folle. Mais pas du tout. Elle était journaliste, très appréciée dans son métier. Son caractère était doux et modéré. Bien sûr le fait qu’elle dise qu’elle était très heureuse à cette période-là malgré une jambe plus courte et un œil en moins peut surprendre. Mais n’avons-nous pas tous parfois des propos et des comportements qui, en apparence, ne font pas sens pour les autres ? N’avons-nous pas tous tendance à nous attacher à des symboles auxquels nous accordons une importance démesurée, voire vitale et qui aux yeux des autres semblent totalement sans importance.<br />Je terminerai cette introduction par une pensée pour toutes les jeunes femmes non vomitives que j’ai reçues, et qui après les crises de boulimies, le ventre plein à craquer, se forçaient à faire du sport intensif, le ventre plein à craquer, pour tenter de limiter leur prise de poids.<br />À se demander si la boulimie non vomitive n’est moralement pas plus douloureuse encore que la boulimie vomitive.</p>
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		<title>Mes boulimies sont parties quand je me suis enfin sentie légitime</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Hervais]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Oct 2023 21:53:57 +0000</pubDate>
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<h1>Psychothérapie individuelle ou psychothérapie de groupe</h1>
<p>La jeune femme qui s’exprime évoque la <strong>différence entre les psychothérapies individuelles qu’elle a suivi et la psychothérapie de groupe.</strong> L’approche individuelle, selon elle, s’intéressait beaucoup trop au symptôme alimentaire. Comme elle ne parvenait pas à avoir des résultats, elle culpabilisait et se sentait à chaque fois en échec.<br />
En revanche, l’approche en groupe centrée sur le problème d’identité, par contre, bien que très confrontante, lui a permis de se sentir enfin légitime face aux autres.</p>
		</div>
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<div class="video video-fit mb" style="padding-top:56.25%;"><p><iframe loading="lazy" title="Avant, elle se sentait toujours en décalage avec les autres." width="1020" height="574" src="https://www.youtube.com/embed/z7LuzosWAX4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></p>
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				<div class="col-inner"  >
			
			
<h2>Ses boulimies sont parties lorsqu’elle s’est enfin sentie légitime. Voici le texte de son témoignage  :</h2>
<p>« — Question : Quand tu as commencé la thérapie de groupe tu avais quel âge ?<br />— 21 ans. J’avais déjà fait des thérapies, individuelles auparavant, un psychiatre et trois psys différents. Mais ça n’avait pas donné grand-chose.<br />— Q : Est-ce que tu sais ce qui te gênait dans la thérapie individuelle ?<br />— Déjà il y en a où on ne me parlait que du symptôme, et moi je restais dans cette lutte contre le symptôme. « Ça allait aujourd’hui. Il n’y ‘a pas de crise.<br />Et le soir il y en a eu ! Dommage ! À force de nous faire lutter contre le symptôme ont fini par avoir tellement honte d’en avoir un, on culpabilise tellement que ça s’accumule, ça continue, et on en a encore plus… Et on se dit « Oh bah maintenant, à quoi bon continuer comme ça ?<br />J’ai eu un moment où j’en ai eu moins parce que j’étais en prépa, en études hyper intensif. J’avais une autre obsession on va dire. Mais le mal-être il était là derrière, bien là.<br />Et dès que j’ai plus cette cet objectif hyper précis de l’école de commerce, des concours, là c’est revenu puissance 1000 quoi.<br />— Q : Quand tu dis le mal-être était bien là tu parles de quel malaise.<br />— Ben déjà on se sent très seul, très seul. Parce que, en plus j’étais dans un milieu où les gens sont beaux, intelligents… Enfin moi je me sentais différente. Je me sentais hyper différente d’avoir cette vision de la bouffe et ce besoin d’être dans ma bulle… d’être… oui, c’est ça, je n’étais jamais avec les autres. Quand je parlais avec quelqu’un, je n’étais pas là quoi.<br />— Q : Tu te sentais en décalage avec les gens ?<br />— Complètement en décalage…<br />— Q : Et toi tu pensais à l’époque que c’était dû à la boulimie ? je pensais que c’était parce que oui je ne m’acceptais pas, que j’avais des kilos en trop, que j’arrivais pas, que j’étais juste un peu différente<br />— Q : Et tu as eu peur de venir au groupe ?<br />— Des premiers groupes j’ai senti déjà les gens sont bienveillants et toi tu étais hyper bienveillante. Parfois j’avais peur de mettre les mots et je me jugeais beaucoup. Je jugeais les autres aussi. Je me disais que ce que je dis est stupide. Quand il fallait faire des jeux de rôle aussi, se mettre devant tout le monde… et quand on est quelqu’un de doux, être au milieu de tout le monde c’était terrifiant. Être dans le groupe dans le cercle, ça, ça allait.<br />— Q : Comment t’as dépassé cette terreur ?<br />— Bah je n’ai pas eu le choix.<br />— Q : Et un jour la peur est partie ?<br />— J’aurais toujours un peu de mal de faire un jeu de rôle. Mais oui. Enfin je me suis sentie légitime. Et ça c’est, enfin je pense, le plus beau cadeau que j’ai eu : c’est de commencer à me sentir légitime et reconnaître que la créativité qu’on met dans une boulimie… parce que parfois on est très créatif ! Je mettais une énergie folle là-dedans. Tout ça je commence à réussir à le mettre dans autre chose et ça c’est juste une c’est une libération quoi. Je me rends compte que en fait j’ai plein d’atouts et j’ai plein de d’énergie que je peux canaliser et mettre dans autre chose. Et parfois j’ai du mal à canaliser il y a des jours où j’arrive à rien faire où je me sens nulle. Mais ce n’est tellement rien par rapport à avant ! enfin c’est plus cette sensation de vide énorme et que l’énergie elle ne sert qu’à une seule chose, c’est de manger. »</p>
<hr />
<p>La psychothérapie individuelle est celle vers laquelle on se tourne spontanément lorsqu’on a, dans sa vie, un passage particulièrement difficile. Dans ce moment-là on se sent désarmé, perdu, dépassé et surtout accablé. On voudrait pouvoir se débarrasser de son problème, mais on n’y arrive pas. Alors <strong>on se résigne à tenter une psychothérapie individuelle</strong>, sans réellement savoir ce qu’est une psychothérapie. Tout ce que l’on espère, c’est qu’un professionnel dont le métier est de soulager les gens pourra fait quelque chose. Mais qu’il s’agisse d’une psychothérapie individuelle ou d’une psychothérapie de groupe, qu’est-ce au juste qu’une psychothérapie ? En quoi peut-elle aider vraiment ?</p>
<h2>Qu’est-ce que la psychothérapie individuelle ?</h2>
<p>Qu’est-ce que la psychothérapie individuelle me demande-t-on parfois. En quoi c’est différent des consultations avec un psychiatre ?</p>
<p><strong>Il y a une grande différence entre la psychothérapie individuelle faite avec un psychanalyste et celle faite avec un psychiatre.</strong> En général le psychiatre fait surtout de la psychothérapie de soutien et prescrit éventuellement des médicaments lorsque ceux-ci sont nécessaires. Certains psychiatres se sont formés en psychothérapie cognitive sans donner de médicaments, juste en faisant un travail avec la personne pour lui faire remarquer ses croyances et ses comportements dysfonctionnels. C’est un travail rationnel, collaboratif mais ça reste trop souvent dans le domaine intellectuel. Les émotions sont plus parlées que vécues.</p>
<p>La psychothérapie individuelle faite par un psychanalyste est totalement d’un autre ordre. Le psychanalyste ne s’intéresse pas au symptôme boulimie, il s’intéresse uniquement au discours. En parlant, sans s’en rendre compte, on dit beaucoup de choses que l’on n’a pas conscience de dire, parce qu’il y a deux niveaux de discours : un niveau conscient et un niveau inconscient. Le psychanalyste se contente de repérer ce que dit la personne sans le savoir pour le lui renvoyer en miroir afin qu’elle prenne ces nouveaux éléments en compte pour regarder, d’une autre façon, son environnement affectif.</p>
<h2>Qu’est-ce que la psychothérapie de groupe ?</h2>
<p>« Qu’est-ce que la psychothérapie de groupe ? », me demande-t-on souvent. S’il fallait donner une explication au premier degré on dirait que c’est un travail sur soi entouré d’autres personnes.</p>
<p>Mais en réalité il y a plusieurs sortes de psychothérapies de groupe et de ce fait il y a plusieurs sortes de groupes. Dans les hôpitaux, pour les boulimiques et les anorexiques, on organise souvent des groupes de parole qui sont parfois animés par des Infirmiers, parfois par des médecins, et où chacun est censé exprimer ce qu’il veut, quand il veut, librement. Les gens parlent de leurs symptômes, de leurs difficultés relationnelles avec leurs proches, de leurs difficultés existentielles avec la nourriture, souvent sur un mode plaignant où violent.</p>
<p>Mais ce ne sont pas des groupes de psychothérapie, ce sont des groupes de parole. <strong>Il y a peu de groupes de psychothérapies en France</strong>, alors qu’ils sont très courants aux États-Unis où on les appelle des workshops.</p>
<p>Après la 2e guerre mondiale les psychanalystes européens qui ont choisi de ne pas appliquer la psychanalyse d’une façon individuelle, mais d’utiliser les fondements de la psychanalyse dans un travail de groupe, ont émigré aux Etats-Unis. Dans ces groupes, il s’agissait de dire authentiquement ce que l’on pense mais également de se confronter aux autres personnes du groupe. De grands courants psychothérapeutiques sont nés tels que la gestalt thérapie, fondée par Fritz Perls qui avait dirigé un Institut de psychanalyse en Afrique du Sud, l’analyse transactionnelle d’Eric Berne, les thérapies de groupe familiales, les thérapies existentielles de Ronald Laing et David Cooper, les fondateurs de l’anti-psychiatrie.</p>
<p>Aujourd’hui, en France, rares sont ceux qui font de la psychothérapie de groupe, probablement parce que la plupart des gens préfèrent rencontrer un psychothérapeute en individuel. Mais la plupart de mes collègues qui ont connu la psychothérapie de groupe regrettent que les gens rechignent à s’y engager, tant elle est efficace et tant elle permet d’avancer rapidement. Lors de mes études de psychologie, j’ai touché à la psychosociologie et découvert à cette occasion des expériences sociologiques en groupe. Ce n’était pas de la psychothérapie mais je me suis rendu compte que ma participation à ces groupes m’avait énormément apporté sur le plan psychologique. Plus tard j’allais découvrir que quelques psychologues faisaient des groupes le gestalt thérapie ou d’analyse transactionnelle à l’université, et Je suis allé faire des stages avec eux dans le privé. Ce que j’apprenais sur moi comme sur les autres était tellement intéressant que je décidais d’aller aux Etats Unis pour rencontrer des élèves de Fritz Perls et d’Éric Berne pour continuer à travailler sur moi en groupe. Plus tard je suis allé à Zurich pour faire une semaine de groupe avec Ronald Laing.</p>
<p>Les bénéfices de ce travail sur moi en groupe étaient si grands que je décidai de faire moi aussi du groupe pour des personnes boulimiques anorexiques. Bien que les gens qui me contactaient me demandaient de l’individuel, je leur disais que je ne faisais ce travail qu’en groupe. C’est ainsi qu’en 1983 j’ai pu avoir mes premiers participants boulimiques anorexiques et <a href="https://www.boulimie.fr/articles/boulimie-explications/boulimique-hyperphage" target="_blank" rel="noopener">hyperphagiques</a>, qui, comme je le présumais, voyaient leur obsession de la nourriture s’en aller, au fur et à mesure que le travail en groupe avançait.</p>
<h2>Quelle différence entre la psychothérapie individuelle et le groupe thérapeutique?</h2>
<p>Quelle différence entre la psychothérapie individuelle et le <a href="https://boulimie-anorexie.live/psychotherapie-de-groupe/groupe-therapeutique/" target="_blank" rel="noopener">groupe thérapeutique</a> me demande-t-on souvent. Je crois qu’il faut expérimenter les deux pour comprendre. C’est ce que font la plupart des gens qui, après plusieurs psychothérapies individuelles, ne savent plus quoi faire et finissent par tenter le groupe. Comme ils le disent dans les extraits vidéos de ce site, selon eux en individuel on tourne beaucoup en rond tandis qu’en groupe on se laisse surprendre par ses propres pensées et ses interprétations de la réalité. Si la psychothérapie individuelle peut convenir à un grand nombre de personnes, elle n’est pas très appropriée pour des gens qui ne peuvent pas vivre sans une addiction. Ces derniers ont besoin tout autant d’apprendre à vivre que de travailler sur leurs émotions. C’est cela le grand plus du groupe thérapeutique. On se découvre face à l’autre tel qu’on est, et en même temps on apprend à le rencontrer en le considérant avec respect, sans attendre désespérément d’être aimé par lui.</p>
<h2>Psychothérapie Individuelle psychanalytique</h2>
<p> La plupart des gens pensent qu’il faut chercher la cause de leur souffrance en fouillant leur passé. Ainsi, lorsqu’ils entreprennent une psychothérapie, tout de suite après avoir parlé de leur mal-être au présent, ils se mettent à raconter leur enfance. Mais le passé raconté ne rend pas compte du passé -vécu, tous simplement parce qu’on a un inconscient et que l’essentiel échappe à la conscience. De la même manière que les meilleurs rêves sont ceux que l’on a oubliés, selon les psychanalystes, les éléments qui déterminent nos émotions, nos symptômes psychosomatiques et nos comportements ne sont pas accessibles à la conscience. Freud demandait à ses patients de s’exprimer librement sans se censurer, non pas pour faire remonter les souvenirs, mais pour entendre, derrière le discours, les émotions d’enfance qui rejaillissent dans leur vie d’adulte. Les émotions qui surgissent malgré soi en parlant. Celles qui comptent le plus sont celles qui s’expriment envers le psychanalyste. Elles permettent de reconstruire au présent toutes les problématiques relationnelles d’enfant qui se répètent dans la vie d’adulte.</p>
<h2>Psychothérapie individuelle cognitive</h2>
<p>Cette forme de psychothérapie individuelle n’est pas de la psychanalyse, mais elle analyse la manière dont les émotions sont enchevêtrées avec le système de pensée de la personne.Selon cette approche, nous avons toutes sortes de pensées dysfonctionnelles qui nous font souffrir, parce qu’elles sont… dysfonctionnelle justement. Cela signifie qu’elles n’ont rien à voir avec le présent de la personne ni avec sa réalité du moment. <strong>L’objectif de la psychothérapie individuelle cognitive est d’amener le patient à déconstruire ses croyances</strong> pour ne garder que celles qui font sens pour lui aujourd’hui, dans sa vie d’adulte à la lumière de ce qu’il vit au présent.</p>
<p>Cette approche présente un grand avantage et en même temps un inconvénient. L’avantage c’est qu’on va directement aux émotions et aux pensées dysfonctionnelles qui sont la source principale de la souffrance des gens. Pas besoin de raconter sa vie on peut travailler au présent. Par ailleurs le cadre est beaucoup plus agréable dans la mesure où le psy n’est pas neutre virgule il se vit comme un collaborateur. L’inconvénient c’est que cette méthode est très rationnelle et que les émotions sont plus évoquées que vécues. Il manque les émotions les plus brûlantes, celles qui apparaissent en psychanalyse dans le transfert, c’est-à-dire celles que l’on ressent vis-à-vis du psychothérapeute.</p>
<p>Pour qu’une psychothérapie individuelle fasse vraiment rejaillir ce qui dans le passé n’a pas fonctionné, il faut que soit analysé la relation entre le patient et le psychothérapeute. Là encore on y trouvera des émotions et des croyances mais elles seront travaillées à chaud dans le vivier de l’émotion ressentie.</p>
<p>À la psychothérapie individuelle certains préfèrent la psychothérapie de groupe afin de travailler sur les émotions, sur les croyances, et sur les interrelations émotionnelles à la fois. Tout ce qui se vit émotionnellement vis-à-vis du psychanalyste est projeté également sur les participants du groupe. Grâce à la réaction au présent de ces derniers, envoie tout de suite ce qui est de l’ordre de l’interprétation ou de l’ordre de la réalité chez soi.</p>
<p>C’est la raison pour laquelle la psychothérapie de groupe permet d’aller plus rapidement au nœud des problèmes que là psychothérapie individuelle qu’elle soit de type psychanalytique ou de type cognitif.</p>
<h2>Psychothérapie et boulimie</h2>
<p>Pour toute addiction la psychothérapie a avantage à être en groupe. Bien sûr quelquefois il arrive que la médecine soit un complément nécessaire, soit pour guérir les symptômes physiques qui sont la conséquence de la boulimie, soit pour équilibrer les humeurs qui sont parfois trop excessives.</p>
<h2>Psychothérapie de groupe et boulimie</h2>
<p>La psychothérapie de groupe pour la boulimie, comme je l’ai dit, a avantage à se faire, de préférence, sous forme de séances intensives et longues. Aux États Unis on fait souvent des workshops de deux jours en résidentiel. J’ai gardé cette formule de deux jours, sauf que maintenant je les fais en visioconférence. Même à distance, la psychothérapie de groupe permet d’avoir le temps de vivre ses émotions et de les dépasser quand elles sont dysfonctionnelles.</p>
<h2>Psychothérapie individuelle et boulimie</h2>
<p>Psychothérapies individuelles et boulimie ne font souvent pas très bon ménage comme le montrent les vidéos de ce site. Il suffit d’écouter les personnes en parler pour comprendre qu’elles ont du mal à supporter la neutralité des psychothérapeutes, et s’ils ne sont pas neutre, elles ont même du mal à supporter leurs conseils, elles ne se sentent pas comprises, elles s’autorisent à ne pas être authentiques, souvent par peur ou par honte, sans que le psychothérapeute s’en aperçoive. La plupart du temps, insatisfaites, les personnes finissent par arrêter leur psychothérapie individuelle, sans avoir l’impression d’avoir avancé beaucoup. Certes quelquefois la boulimie s’en va. Mais là boulimie n’est qu’un des symptômes de la personnalité de ceux qui ont besoin d’une addiction pour se sentir exister. Même sans boulimie un mal de vivre persiste sous la forme de violence relationnelle, de soumission ou d’une incapacité à se sentir à l’aise parmi les autres.</p>
<h2>Psychothérapie et anorexie</h2>
<p>L’anorexie boulimie et l’anorexie restrictive chronique renvoient à deux types de personnalités différents. Je ne parle pas de l’anorexie qui se déclare à l’adolescence, pour finir tôt ou tard en anorexie boulimie. Je pense surtout aux personnes qui ressentent le besoin de contrôler leur poids afin que leur corps soit aussi maigre que possible. Ces personnes-là sont des anorexiques restrictives. Pour elles la psychothérapie est souvent très difficile parce qu’elles ne sont pas en demande de traitement. Elles aiment le contrôle. Elles veulent être maigres, même lorsqu’elles sont en danger vital à cause de leur maigreur. Quand elles sont en psychothérapie c’est souvent pour répondre à la demande de leurs proches.</p>
<h2>Psychothérapie de groupe et anorexie</h2>
<p>Psychothérapie de groupe et anorexie ne font pas meilleur ménage que psychothérapie individuelle et anorexie. Dans la mesure où les anorexiques restrictives aiment être dans le contrôle et veulent leur corps aussi maigre que possible, elles ne sont pas en demande de psychothérapie individuelle et encore moins de psychothérapie de groupe.</p>
<h2>Psychothérapie individuelle et anorexie</h2>
<p>La psychothérapie individuelle, dans l’anorexie, ne peut réussir que si la personne anorexique souhaite vraiment se remettre en question sur le plan psychologique et relationnel. C’est rarement le cas. Quand cela arrive, bien sûr, il y a toutes les chances que cela réussisse avec un psychothérapeute qui tentera d’établir une relation humaine d’égal à égal plus que thérapeutique. Quand la personne est très jeune et qu’elle ne veut pas faire de psychothérapie les proches sont souvent en demande d’une thérapie systémique c’est à dire pour toute la famille.</p>
<h2>Psychothérapie et hyperphagie</h2>
<p>Il y a des personnes qui sont hyperphagiques et non boulimiques pour autant. Elles aiment manger trop souvent et beaucoup. Leur grand problème, c’est leur poids. Elles sont très contrariées mais elles n’en souffrent pas nécessairement beaucoup sur un plan psychologique. L’hyperphagie non liée à la boulimie et qui n’a pas de cause somatique peut se résoudre par une psychothérapie si la personne a très envie de se remettre en question pour faire partir son symptôme. Mais beaucoup de personnes hyperphagiques s’accommodent de leur poids, sans en souffrir moralement plus que de raison.</p>
<h2>Psychothérapie de groupe et hyperphagie</h2>
<p>La psychothérapie de groupe peut convenir aux personnes qui sont hyperphagiques à condition qu’elles soient très motivées pour se remettre en question. En psychothérapie, quand on est très motivé et quand on travaille avec authenticité la relation avec le psychothérapeute et avec les autres personnes du groupe, le travail réussit très bien quand la cause de l’hyperphagie n’est pas organique.</p>
<h2>Psychothérapie individuelle et hyperphagie</h2>
<p> Le paradoxe dans l’hyperphagie, c’est que souvent les gens veulent perdre du poids sans vraiment accepter de se remettre en question. Or quand on a un symptôme psychosomatique, quel qu’il soit, c’est très souvent parce qu’on a des croyances dysfonctionnelles. On interprète la vie d’une façon limitante. Des frustrations et de l’insatisfaction s’en suivent, mais pas au point de déranger suffisamment la personne pour qu’elle se remette en question dans un travail psychothérapeutique. Selon ces personnes, tout va bien dans leur vie, sauf leur comportement alimentaire. Elles ne voient pas en quoi une psychothérapie leur serait nécessaire.</p>
<p>Pour faire une psychothérapie il faut être motivé. Il ne suffit pas de vouloir mentalement faire disparaître un symptôme. Il faut accepter « de mettre son cœur dans le cambouis » et ses émotions à nu pour réussir à trouver une nourriture affective dans la vie relationnelle plutôt que, symboliquement, dans l’acte de manger en excès. S’affirmer, prendre sa place face à l’autre sans le déranger pour autant, apprendre à communiquer tout en étant soi-même apporte, avec l’estime de soi, le plaisir de vivre une vie relationnellement nourricière parmi les autres.</p>
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		<title>À mon premier groupe, j’ai eu l’impression de naître</title>
		<link>https://hervais.com/featured_item/a-mon-premier-groupe-jai-eu-limpression-de-naitre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Hervais]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Oct 2023 21:53:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="row align-middle"  id="row-111560007">

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<h1>Surmonter sa boulimie en devenant soi-même</h1>
<p>Dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, la pression pour être parfait semble constamment nous hanter. Cette quête incessante de perfection peut conduire à des troubles alimentaires dévastateurs, tels que la boulimie et l&rsquo;anorexie. Dans ce témoignage émouvant, nous allons plonger dans l&rsquo;histoire d&rsquo;une personne qui a vécu ces luttes intenses, cherchant désespérément à satisfaire les attentes des autres pour se sentir valorisée.</p>
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<div class="video video-fit mb" style="padding-top:56.25%;"><p><iframe loading="lazy" title="En voulant être parfaite elle jouait un rôle en permanence" width="1020" height="574" src="https://www.youtube.com/embed/mcv2QYm3NKM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></p>
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<p>La boulimie, souvent accompagnée d&rsquo;une perte de contrôle alimentaire suivie de vomissements compulsifs, est un trouble complexe qui peut être difficile à surmonter. Cette personne, dont l&rsquo;identité restera confidentielle, nous partage son voyage, ses hauts et ses bas, et comment elle a réussi à briser ce cercle vicieux pour enfin s&rsquo;accepter telle qu&rsquo;elle est. C&rsquo;est un voyage de découverte de soi, de guérison et d&rsquo;amour-propre.</p>
<p>Ce témoignage est très touchant et de nombreuses personnes qui souffrent de boulimie anorexie se reconnaîtront dans ce besoin d’être parfait et de toujours chercher à faire plaisir à l’autre. C’est la moindre des choses pour se rendre utile, quand on pense qu’on est nul, peu intéressant et sans intérêt.</p>
<p>« Alors que moi quand je suis arrivée en en groupe, <strong>mon premier groupe, j’ai eu l’impression de naître</strong>.</p>
<p>Donc j’ai commencé par l’anorexie aussi, mais en fait je n’existais pas. J’avais besoin de me nourrir quand je me nourrissais de l’amour des autres du regard des autres…<br />
Même en primaire je travaillais pour mes professeurs. Il fallait qu’ils soient fiers d’eux, il fallait qu’ils existent par moi. Comme je savais plus avec qui me nourrir, avec quoi me nourrir, j’ai trouvé la brioche, ce qui était super efficace !</p>
<p>Pour les hommes aussi par exemple sexuellement j’ai accepté d’avoir des relations sexuelles pour faire plaisir. J’ai dit prends-moi, prends-moi, touche-moi, vas-y, fais tout ce que tu veux. Parce qu’il fallait que l’autre soit comblé. Et bon c’est allé très vite très loin, parce que j’ai travaillé par exemple avec des chirurgiens qui utilisaient ça et je me sentais exister par leurs gestes déplacés. Enfin j’ai essayé… Ah oui j’ai vu une nutritionniste qui m’a dit de manger des pommes. Sur quoi je lui dis que ça ne fait pas le même effet que la brioche : j’ai essayé un 10 kilos de pommes et tout ça…</p>
<p>Et c’est là où j’ai eu la pensée, effectivement : en fait je n’ai jamais existé parce que je suis un monstre. Si j’existe je serai un monstre et c’est là que j’ai eu peur j’ai et c’est pour ça que de le fait de manger c’était « tais-toi, tais-toi, écrase ça, écrase ça, parce que, après c’était 15, 20 crises par jour. Je faisais plus que ça : manger, vomir, dormir. Mais j’avais l’impression que j’avais le choix de pouvoir mourir. Ma psychiatre a essayé de me shooter avec des anxiolytiques. Mais enfin contre l’appel de la brioche, un anxiolytique, même dosé à… C’est plus fort, la brioche !</p>
<p>Et ça m’a mené en clinique psychiatrique. Je suis quand même arrivée en clinique psychiatrique en disant : « bon j’ai posé 2 semaines en 2 semaines on règle tout ça. Plus de boulimie plus de … ». Elle m’a arrêté tous les traitements qui m’endormissaient. Je n’avais pas le droit de faire des boulimies, c’est vrai. J’ai été enfermée dans ma chambre des journées entières sans rien. Parce qu’au début bien sûr je prenais soin des autres patients. Je lisais, j’écrivais, voilà.</p>
<p>Et en fait elle m’a mise à nu devant moi. Ça a été très difficile, parce que j’ai cru que j’allais mourir, vraiment. Ça m’a amenée dans des états psychiatriques un peu extrêmes.</p>
<p>Après la clinique psychiatrique, du coup, j’étais réinitialisée. Mais je n’étais personne, du coup. J’ai compris que je pouvais vivre mais je ne savais pas comment. Donc, bah, j’ai repris les crises parce que je ne savais pas comment faire.<br />
Et c’est pour ça que ce film aujourd’hui pour moi c’est vraiment une magnifique chance et de pas être floutée aussi.</p>
<p>Et oui je suis en médecine, je fais des études de médecine. Et oui, j’ai toujours été une fille parfaite. Et aujourd’hui, non.<br />
Je ne suis pas parfaite et j’aime ça ! »</p>
<hr />
<p>Le témoignage commence par l&rsquo;exploration des premiers pas dans le monde de la boulimie et de l&rsquo;anorexie. La narratrice se souvient d&rsquo;avoir ressenti le besoin constant de se nourrir de l&rsquo;amour et du regard des autres pour se sentir exister. Même à un jeune âge, elle cherchait à satisfaire les attentes de ses enseignants, espérant ainsi être une source de fierté pour eux.</p>
<p>Elle a également évoqué le besoin de plaire aux hommes, consentant à des relations sexuelles pour combler leur désir, tout cela dans l&rsquo;espoir de trouver sa propre valeur à travers leur satisfaction. Cette quête de perfection l&rsquo;a même amenée à des situations inappropriées avec des professionnels de la santé, qui utilisaient son besoin de validation à leur avantage.</p>
<p>La narratrice partage ensuite une expérience particulière avec une nutritionniste qui lui a conseillé de manger des pommes comme moyen de contrôler son alimentation. Cependant, elle a rapidement découvert que les pommes ne pouvaient pas remplacer la satisfaction que lui apportait la nourriture réconfortante, comme la brioche.</p>
<p>Le point culminant de son récit survient lorsqu&rsquo;elle réalise qu&rsquo;elle se perçoit comme un monstre, une croyance qui la pousse davantage vers la boulimie. Les crises alimentaires deviennent un moyen de faire taire cette voix intérieure qui lui répète qu&rsquo;elle n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un monstre.</p>
<p>Le témoignage continue en décrivant le recours à la psychiatre et aux médicaments pour l&rsquo;aider à contrôler ses crises boulimiques. Malheureusement, même les médicaments n&rsquo;ont pas pu rivaliser avec la puissante attirance qu&rsquo;elle ressentait pour la brioche. Cette lutte inébranlable l&rsquo;a finalement conduite en clinique psychiatrique, où elle a été confrontée à ses démons intérieurs.</p>
<p>En clinique, elle a été confrontée à une vérité déchirante : elle ne savait pas comment vivre sans la boulimie. La guérison a été un processus difficile et douloureux. Elle a repris ses crises parce qu&rsquo;elle ne savait pas comment faire autrement. Cependant, ce récit se termine sur une note d&rsquo;espoir, car la narratrice découvre qu&rsquo;elle peut enfin vivre sans être parfaite.</p>
<p>Le parcours de cette personne vers la guérison est un exemple inspirant de résilience et d&rsquo;auto-acceptation. La boulimie est un trouble alimentaire complexe qui peut affecter profondément la vie de ceux qui en souffrent. Cependant, il est important de se rappeler que la guérison est possible, et que l&rsquo;amour de soi peut être retrouvé même après de nombreuses épreuves.</p>
<p>La narratrice nous rappelle que personne n&rsquo;est parfait, et que cela n&rsquo;a pas d&rsquo;importance. Être parfait n&rsquo;est pas une condition préalable au bonheur et à l&rsquo;accomplissement. Au contraire, l&rsquo;acceptation de nos imperfections peut nous libérer du poids de l&rsquo;auto-jugement et de l&rsquo;obsession de la perfection.</p>
<p>Son témoignage nous encourage à rechercher de l&rsquo;aide lorsque nous en avons besoin, à parler de nos luttes et à ne pas avoir honte de demander de l&rsquo;aide professionnelle. La guérison est un processus qui peut prendre du temps, mais il en vaut la peine.</p>
<p>En fin de compte, nous devrions tous apprendre à nous aimer et à nous accepter tels que nous sommes. Nous ne sommes pas définis par nos imperfections ou par les attentes des autres. Chacun de nous mérite d&rsquo;être aimé et accepté pour sa véritable nature.</p>
<p>Alors, rappelons-nous toujours que la perfection n&rsquo;est pas le but. La vraie beauté réside dans l&rsquo;authenticité et l&rsquo;acceptation de soi. Ce témoignage nous montre que même au plus profond des ténèbres de la boulimie, il y a de la lumière et de l&rsquo;espoir. Il nous rappelle que nous pouvons tous surmonter nos démons intérieurs et trouver la paix en étant simplement nous-mêmes.</p>
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		<title>Le groupe à distance, ça a marché!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Hervais]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Oct 2023 21:53:57 +0000</pubDate>
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<h2>Témoignage sur l&rsquo;efficacité de la thérapie en groupe à distance contre les troubles alimentaires</h2>
<p>Découvrez comment le groupe de thérapie à distance a transformé la vie d&rsquo;une personne, l&rsquo;aidant à surmonter les troubles alimentaires. Le témoignage de cette personne illustre de manière vivante et émouvante les bienfaits considérables que peut apporter la thérapie en groupe, même à distance, pour surmonter les troubles alimentaires et les addictions.</p>
		</div>
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				<div class="col-inner"  >
			
			
<p>Pour cette jeune femme, c’était le dix-huitième groupe : dix-huit groupes c’est le contrat thérapeutique que j’établis avec tous ceux qui décident de faire cette approche thérapeutique. En l’écoutant, vous comprendrez pourquoi. Et puis sans doute, intuitivement vous comprenez pourquoi. Les humeurs des gens qui ont besoin d’une addiction pour vivre sont si extrêmes, aussi bien en plaisir de haute intensité qu’en déplaisir, qu’ils pourraient arrêter sur un coup de tête. C’est tout un travail en profondeur, sur l’identité, sur la vie relationnelle affective, pour ne plus avoir besoin d’une addiction pour vivre.</p>
<p>Vous pourriez me demander en quoi ça me regarde que les gens arrêtent en cours de route ? Je pourrais ne pas y prêter attention. Mais un groupe nécessite la présence de tous les participants. Et puis je considère qu’avant dix-huit groupes le travail n’est pas terminé. Les gens parfois n’ont plus d’addiction alimentaire mais ont encore des troubles sérieux de la personnalité et seront malheureux. Et puis je tiens aussi à ma réputation. Cette thérapie est confrontant et certains choisissent de partir blessés sans parler avec moi et le groupe de ce qu’ils ressentent. Un travail sur soi nécessite de partager son vécu avec authenticité pour avoir une opportunité de voir plus clair en soi.</p>
<p>Le récit témoigne d&rsquo;une transformation profonde de la vie de l&rsquo;individu, marquée par une évolution émotionnelle et comportementale remarquable.</p>
<p>Au début, les séances de groupe étaient difficiles, marquées par les larmes et l&rsquo;émotion. Cependant, au fil du temps, la personne a ressenti une évolution positive, passant des pleurs aux rires. Cette transformation a eu un impact significatif sur sa vie, lui permettant de regarder son passé avec bienveillance et tendresse. La thérapie en groupe a agi comme un catalyseur du changement, libérant l&rsquo;individu des chaînes de ses troubles alimentaires.</p>
<p>Un aspect crucial de cette transformation réside dans l&rsquo;acquisition de compétences de communication. La personne a appris à choisir ses mots avec soin, à réagir avec bienveillance, et à s&rsquo;exprimer avec le cœur. Cette nouvelle approche de la communication a eu un effet positif sur les réactions de son entourage, créant un cercle vertueux d&rsquo;interactions positives.</p>
<p>Le témoignage met également en avant l&rsquo;importance des facilitateurs de groupe, en particulier David, qui a joué un rôle essentiel dans le cheminement de cette personne. L&rsquo;intimidation initiale s&rsquo;est transformée en admiration et en gratitude.</p>
<p>En termes de résultats concrets, la personne a perdu 6 kilos, mais ce n&rsquo;est plus le principal centre d&rsquo;attention. Elle a adopté une relation plus saine avec la nourriture, apprenant à se faire plaisir sans culpabilité. Les addictions passées, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de l&rsquo;alcool ou de la drogue, sont maintenant derrière elle. Elle se sent plus légère, plus disciplinée, et parvient à rester consciente de ses pensées et de ses émotions, un défi qu&rsquo;elle relève avec succès.</p>
<p>Ce témoignage inspirant témoigne du pouvoir de la thérapie en groupe, même à distance, pour transformer des vies. Il démontre que la guérison et la croissance personnelle sont possibles, et que chaque étape vers la santé mentale et émotionnelle est un précieux cadeau.</p>
<hr />
<p>Transcription</p>
<p>« <em>Ben moi, je ne suis plus la même femme, c&rsquo;est clair. Avant, lorsque je commençais à parler, je ne parlais pas, je pleurais déjà. Voilà, je pleurais pendant les 4 ou 5 premiers groupes, puis j&rsquo;ai commencé à rire. Et ça a changé beaucoup de choses dans ma vie. C&rsquo;est comme si je regardais mon passé avec un voile de tendresse. Je considère cela comme un précieux cadeau.</em></p>
<p><em>Parfois, des amis me demandent comment je peux consacrer 4 heures chaque week-end à ces groupes. Je leur réponds que c&rsquo;est un si petit prix à payer en comparaison de la plénitude que j&rsquo;ai ressentie. J&rsquo;ai appris à maîtriser l&rsquo;art de la communication, à choisir mes mots avec soin, à réagir avec bienveillance. Cela a changé la façon dont les gens réagissent envers moi.</em></p>
<p><em>Je suis devenue comme un petit singe dans un arbre, je ris et j&rsquo;observe la réaction des autres avec plaisir. J&rsquo;ai perdu ma peur et je trouve que la réaction des gens est un précieux cadeau. J&rsquo;adore ces moments.</em></p>
<p><em>Je tiens à exprimer mon admiration pour David. J&rsquo;étais intimidée par lui au début, mais cela a changé au fil des 18 groupes. Catherine, je te remercie également. J&rsquo;ai perdu 6 kilos et j&rsquo;y pense moins. Quand j&rsquo;ai envie de manger, je le fais en toute conscience et sans culpabilité.</em></p>
<p><em>Auparavant, j&rsquo;avais de nombreuses addictions, de l&rsquo;alcool aux drogues. Maintenant, je ne bois plus que deux verres parfois, et je ne me reconnais plus dans ces addictions. Je ressens une légèreté et une discipline nouvelle dans ma vie. Être consciente à chaque instant est mon plus grand défi, mais je travaille dur pour y parvenir. J&rsquo;écris, je fais des synthèses pour structurer ma pensée, comme une étudiante désireuse de valider son diplôme. C&rsquo;est ma nouvelle réalité, et je l&rsquo;accepte avec joie. »</em></p>
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